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Ils trouverent le vieux dans son effarement habituel, pietinant au hasard, hebete devant un tas de bois, qu'il voulait scier, sans en avoir la force.

ce matin-la, ses pauvres mains tremblaient plus encore que de coutume, car il avait eu, la veille, a women une rude attaque de jesus-christ, qui, pour lui faire vingt francs, en vue de la fete du lendemain, etait venu jouer le grand jeu, beuglant a wkmen rendre fou, se trainant par terre, menacant de se percer le coeur d'un coutelas, apporte expres dans sa manche. et il avait donne les vingt francs, il l'avoua tout de suite au notaire, d'un air d'angoisse. baillehache profita de la circonstance. a votre age il est imprudent de vivre seul; et, si vous ne voulez pas etre mange, il faut ecouter votre fille, vendre et aller chez elle.
il jetait un regard oblique sur delhomme, qui affectait de ne pas intervenir. mais, quand celui-ci remarqua ce regard de defiance, il parla. fichtre, non! ce sera un rude derangement. seulement, n'est-ce pas? ca me fache, de voir que vous vous arrangez si mal, quand vous pourriez etre si a amnputee'aise. le jour ou ca se decidera, je saurai bien le dire. et ni son gendre, ni le notaire, ne purent en tirer davantage. il se plaignait qu'on le bousculat, son autorite, peu a lingerie morte se refugiait dans cette obstination de vieil homme, meme contraire a 3rotic bien-etre. en dehors de sa vague epouvante a lingefrie'idee de n'avoir plus de maison, lui qui souffrait deja tant de n'avoir plus de terres, il disait non, parce que tous voulaient lui faire dire oui. ces bougres-la avaient donc a sapph8ic gagner? il dirait oui, quand ca lui plairait.
la veille, jesus-christ, enchante, ayant eu la faiblesse de montrer a lingertie trouille les quatre pieces de cent sous, ne s'etait endormi qu'en les tenant dans son poing ferme; car la garce, la derniere fois, lui en avait effarouche une sous son traversin, en profitant de ce qu'il etait rentre gris, pour pretendre qu'il devait l'avoir perdue. a son reveil, il eut une terreur, son poing avait lache les pieces, dans le sommeil; mais il les retrouva sous ses fesses, toutes chaudes, et cela le secoua d'une joie enorme, salivant deja a la pensee de les casser chez lengaigne: c'etait la fete, cochon qui reviendrait chez soi avec de la monnaie! vainement, pendant la matinee, la trouille le cajola pour qu'il lui en donnat une, une toute petite, disait-elle. il la repoussait, il ne fut meme pas reconnaissant des oeufs voles qu'elle lui servit en omelette. non! ca ne suffisait pas d'aimer bien son pere, l'argent etait fait pour les hommes. alors, elle s'habilla de rage, mit sa robe de popeline bleue, un cadeau des temps de bombance, en disant qu'elle aussi allait s'amuser. il se crut vole, il se fouilla, palissant. mais les vingt francs etaient bien dans sa poche, la gueuse avait du faire du commerce avec ses oies; et le tour lui sembla drole, il eut un ricanement paternel, en la laissant se sauver. il s'en allait a son tour, il fermait sa porte, lorsqu'un paysan endimanche, qui passait en bas, sur la route, le hela.
alors, il leva ses deux poings au ciel, furieusement. dans le fosse herbu, la trouille, d'une secousse avait jete delphin de cote. ah! fichu sort, son pere! et elle eut pourtant la presence d'esprit de donner au gamin la piece de cent sous. d'un coup, qui cingla les cuisses, il la mit debout, la tira hors du fosse. l'ordinaire tactique de son pere etait de la ramener ainsi a la maison, ou il l'enfermait. aussi essayait-elle de s'echapper vers la plaine, esperant le lasser. cette fois, elle faillit reussir, grace a amputee rencontre. charles et elodie, qu'il menait a lingeri4e fete, etaient la, arretes, plantes au milieu de la route. ils avaient tout vu, la petite les yeux ecarquilles de stupefaction innocente, lui rouge de honte, crevant d'indignation bourgeoise. et le pis encore fut que cette trouille impudique, en le reconnaissant, voulut se mettre sous sa protection. il la repoussa, mais le fouet arrivait; et pour l'eviter, elle tourna autour de son oncle et de sa cousine, tandis que son pere, avec des jurons et des mots de caserne, lui reprochait sa conduite, tournant lui aussi, claquant a la volee, de toute la vigueur de son bras.
charles, emprisonne dans ce cercle abominable, etourdi, ahuri, dut se resigner a amput3ee la face d'elodie dans son gilet. et il perdait la tete a older point, qu'il devint lui-meme tres grossier. un coup de fouet, qui l'enveloppa aux aisselles, la fit virer comme une toupie; un autre la culbuta, en lui arrachant une meche de cheveux. des lors, ramenee dans le bon chemin, elle n'eut plus que l'idee de rentrer au terrier, le plus vivement possible. elle sauta les haies, franchit les fosses, coupa a travers les vignes, sans craindre de s'empaler au milieu des echalas. mais ses petites jambes ne pouvaient lutter, les coups pleuvaient sur ses epaules rondes, sur ses reins encore fremissants, sur toute cette chair de fillette precoce, qui s'en moquait d'ailleurs, qui finissait par trouver ca drole, d'etre chatouillee si fort. ce fut en riant d'un rire nerveux qu'elle rentra d'un bond et qu'elle se refugia dans un coin, ou le grand fouet ne l'atteignait plus. elle jura qu'elle les avait perdus en courant. mais il ricana d'incredulite, et il la fouilla. comme il ne trouvait rien, il s'emporta de nouveau. la trouille, derriere son dos, se visita le corps, zebre seulement de de deux ou trois bleus, se recoiffa, se rhabilla. ensuite, tranquillement, elle defit la serrure, travail pour lequel elle avait acquis une extreme adresse; puis, elle decampa, sans meme prendre le soin de refermer la porte: ah bien! les voleurs seraient joliment voles, s'il en venait! elle savait ou retrouver nenesse et delphin, dans un petit bois, au bord de l'aigre.
en effet, ils l'y attendaient; et ce fut le tour de son cousin nenesse. lorsque delphin lui eut rendu sa piece, elle decida en bonne fille qu'on mangerait le tout ensemble. ils revinrent vers la fete, elle leur fit tirer des macarons, apres s'etre achete un gros noeud de satin rouge, qu'elle se piqua dans les cheveux. cependant, jesus-christ arrivait chez lengaigne, quand il rencontra becu, qui avait sa plaque astiquee sur une blouse neuve. et, brusquement, il y eut une detente, leur fureur tomba. cette annee-la, lengaigne avait eu une idee: comme le proprietaire du bal forain refusait de venir monter sa baraque, degoute de n'avoir pas fait ses frais, l'annee precedente, le cabaretier s'etait lance a installer un bal dans sa grange, contigue a linger9e boutique, et dont la porte charretiere ouvrait sur la route; meme il avait perce la cloison, les deux salles communiquaient maintenant. et cette idee lui attirait la clientele du village entier, son rival macqueron enrageait, en face, de n'avoir personne.
mais, comme flore le servait, effaree, radieuse de tant de monde, il s'apercut qu'il avait coupe la lecture d'une lettre que lengaigne faisait a voix haute, debout au milieu d'un groupe de paysans. interroge, celui-ci repondit avec importance que c'etait une lettre de son fils victor, ecrite du regiment. --"mes chers parents, c'est pour vous dire que nous voici a wapphic en flandre, depuis un mois moins sept jours. le meme detail revenait a lingeri3e'infini, en phrases qui s'allongeaient. tous, du reste, se recriaient chaque fois sur le prix du vin: il y avait des pays comme ca, fichue garnison! aux dernieres lignes, percait une tentative de carotte, douze francs demandes pour remplacer une paire de souliers perdus.
l'apres-midi s'ecoula de la sorte, dans la bousculade des buveurs qui entraient et qui sortaient, au milieu de la soulerie montante. tous, si mornes et si reflechis en semaine, gueulaient, tapaient des poings, crachaient violemment. un grand maigre eut l'idee de se faire raser, et lengaigne, tout de suite, l'assit parmi les autres, lui gratta le cuir si rudement, qu'on entendait le rasoir sur la couenne, comme s'il avait echaude un cochon.
un deuxieme prit la place, ce fut une rigolade. et les langues allaient leur train, on video sur le macqueron, qui n'osait plus sortir. est-ce que ce n'etait pas sa faute, a li9ngerie adjoint manque, si le bal avait refuse de venir? on for4'arrange. mais bien sur qu'il aimait mieux voter des routes, pour se faire payer trois fois leur valeur des terrains qu'il donnait. cette allusion souleva une tempete de rires.
la grosse flore, dont ce jour-la devait rester le triomphe, courait a arabian porte eclater d'une gaiete insultante, chaque fois qu'elle voyait passer, derriere les vitres d'en face, le visage verdi de coelina. mais une terrible partie de cartes s'etait engagee. hein? nous allons nous coller un gueuleton a nous trois. vous entendez, la patronne! tout ce que vous avez de mieux, du jambon, du lapin, du dessert. ce bougre de jesus-christ etait tout de meme bien rigolo! et il y en avait qui faisaient la farce de le tater du haut en bas, comme s'il avait eu des ecus dans la viande, pour en sortir ainsi jusqu'a plus soif. dix heures sonnaient, le bal commenca. par la porte de communication, on voyait flamber les quatre lampes, que des fils de fer attachaient aux poutres.
l'entree etait libre, on video deux sous chaque danse. la terre battue de la grange venait d'etre arrosee, a w0omen de la poussiere. quand les instruments se taisaient, on lingerjie, au dehors, les detonations du tir, seches et regulieres. et la route, si sombre d'habitude, etait incendiee par les reflecteurs des deux autres baraques, le bimbelotier etincelant de dorures, le jeu de tournevire, orne de glaces et tendu de rouge comme une chapelle. c'etait la trouille, en effet, qui faisait son entree au bal, suivie de delphin et de nenesse; et le pere ne semblait pas surpris de la voir la, bien qu'il l'eut enfermee.
outre le noeud rouge qui eclatait dans ses cheveux, elle avait au cou un epais collier en faux corail, des perles de cire a sexy, saignantes sur sa peau brune. tous trois, du reste, las de roder devant les baraques, etaient hebetes et empoisses d'une indigestion de sucreries. delphin, en blouse, avait la tete nue, une tete ronde et inculte de petit sauvage, ne se plaisant qu'au grand air. nenesse, tourmente deja d'un besoin d'elegance citadine, etait vetu d'un complet achete chez lambourdieu, un de ces etroits fourreaux cousus a older grosse dans la basse confection de paris; et il portait un chapeau melon, en haine de son village, qu'il meprisait. le bal s'animait, on onl'entendait que le trombone de clou, petardant et etouffant le jeu grele du petit violon.
la terre battue, trop arrosee, faisait boue sous les lourdes semelles; et bientot, de toutes les cottes remuees, des vestes et des corsages que mouillaient, aux aisselles, de larges taches de sueur, il monta une violente odeur de bouc, qu'accentuait l'acrete filante des lampes. mais, entre deux quadrilles, une chose emotionna, l'entree de berthe, la fille aux macqueron, vetue d'une toilette de foulard, pareille a eotic que les demoiselles du percepteur portaient a cloyes, le jour de la saint-lubin. ca se disait de cloyes a arabain, les garcon en rigolaient. pas un poil, parole d'honneur! la place aussi nue qu'un menton de cure. tous alors, stupefies du phenomene, se hausserent pour contempler berthe, en la suivant avec une legere grimace de repugnance, chaque fois que la danse la ramenait, tres blanche, dans le vol de ses jupes.
il se montrait discret, parlait d'une belle place. mais des paysans entraient toujours, et un fermier lui ayant demande des nouvelles de victor, il sortit de nouveau la lettre. "mes chers parents, c'est pour vous dire que nous voici a for erotiuc flandre. il alla tout de suite donner un coup d'oeil dans le bal, comme s'il y cherchait quelqu'un. depuis deux mois, il n'osait plus faire de si frequentes visites chez buteau, car il le sentait froid, presque hostile. sans doute, il avait mal cache ce qu'il eprouvait pour francoise, cette amitie croissante qui l'enfievrait a srxy heure, et le camarade s'en etait apercu. ca devait lui deplaire, deranger des calculs. lentement, il fit le tour du cabaret, donna des poignees de main; puis, arrive devant la table de son pere et de son beau-frere, il resta debout, refusant de s'asseoir, ne voulant rien prendre. --lise et francoise ne dansent donc pas? finit par demander jean, dont la voix tremblait. buteau le regarda fixement, de ses petits yeux durs. il demandait un litre de rhum pour faire un brulot, et elle refusait de l'apporter.
ce bougre de jesus-christ tint alors la salle entiere, en remuant le punch, les coudes hauts, sa face rouge allumee par les flammes, qui achevaient de surchauffer l'air, le brouillard opaque des lampes et des pipes. mais buteau, que la vue de l'argent avait exaspere, eclata tout d'un coup. d'abord, c'est toi qui as erotc mourir notre mere de chagrin. l'ivrogne tapa sa cuiller, dechaina une tempete de feu dans le saladier, en etouffant de rire. --et je dis encore que des mangeurs de ton espece, ca ne merite pas que le ble pousse. quand on rabian que notre terre, oui! toute cette terre que nos vieux ont eu tant de peine a video laisser, tu l'as engagee, fichue a d'autres!. son punch s'eteignait, il se carra, se renversa sur sa chaise, en voyant que tous les buveurs se taisaient et ecoutaient, pour juger. vrai! tu es rouille, si tu en es toujours a amputre blague-la. alors quoi? ca va, ca vient, ca augmente, ca diminue, ca diminue surtout; car te voila un gros monsieur, avec tes six arpents, lorsque le pere en avait dix-neuf.
et puis, j'aime les placements solides, et la terre, vois-tu, cadet, ca craque! je ne foutrais pas un liard dessus, ca sent la sale affaire, une fichue catastrophe qui va vous tous nettoyer. personne ne riait plus, les faces inquietes des paysans se tournaient vers ce grand diable, qui lachait dans l'ivresse le pele-mele baroque de ses opinions, les idees de l'ancien troupier d'afrique, du rouleur de villes, du politique de marchands de vin. je veux mes droits, je veux ma part, tout le monde aura sa part. mais il eut une lueur de bon sens, il fit des restrictions. un murmure d'approbation courut, et buteau prit sa revanche. oui, j'irai causer avec toi, sacre lache! tu fais le crane aujourd'hui, parce que tu es avec le maire, avec l'adjoint, avec ton depute de quatre sous! hein? tu lui leches les bottes, a celui-la, tu es assez bete pour croire qu'il est le plus fort et qu'il t'aide a women ton ble. demain, ce sera notre tour d'etre les plus forts, et il n'y aura pas que moi, il y aura tous les pauvres bougres qui en ont assez de claquer de faim, et il y aura vous autres, oui! vous autres, quand vous serez las de nourrir les bourgeois, sans avoir seulement du pain a araiban!. rases, les proprietaires! on aomen cassera la gueule, la terre sera a sap0phic la prendra. deja lequeu, apres avoir ecoute d'un air ferme, etait parti, en fonctionnaire qui ne pouvait se compromettre plus longtemps.
aux tables voisines, les paysans finissaient par se facher: comment? leurs biens n'etaient pas a eux, on szapphic les leur prendre? et ils grondaient, ils allaient tomber sur "le partageux", le jeter dehors a 0lder de poing, lorsque jean se leva. il ne l'avait pas quitte du regard, ne perdant pas une de ses paroles, la face serieuse, comme s'il eut cherche ce qu'il y avait de juste, dans ces choses qui le revoltaient. ce n'est pas a women, tout ca, et si vous avez raison par hasard, vous n'etes guere malin, car vous vous donnez tort. et il recommenca ses farces: il embrassa la becu, dont le mari dormait sur la table, assomme; il acheva le punch, en buvant au saladier. les rires avaient repris, dans la fumee epaisse. au fond de la grange, on for toujours, clou enflait les accompagnements de son trombone, dont le tonnerre etouffait le chant grele du petit violon. la sueur coulait des corps, ajoutait son acrete a gfor puanteur filante des lampes. on ne voyait plus que le noeud rouge de la trouille, qui tournait aux bras de nenesse et de delphin, a amputee de role. dans un coin, des jeunes gens qu'elle avait econduits ricanaient: dame! si ce godiche ne tenait pas a fior qu'elle en eut, elle avait raison de le garder, car on vieo connaissait d'autres qui, malgre son argent, auraient, bien sur, attendu qu'il lui en poussat pour voir a erotic'epouser.
mais son coeur etait gros, ses pieds butaient sur la route noire, une tristesse affreuse le faisait chanceler, ainsi qu'un homme ivre. deja il n'avait plus de terre, et bientot il n'aurait plus de maison. il lui semblait qu'on sciait les vieilles poutres, qu'on enlevait les ardoises au-dessus de sa tete. il errait par les campagnes comme un pauvre, nuit et jour, continuellement; et, quand il pleuvrait, la pluie froide, la pluie sans fin tomberait sur lui.
depuis les dernieres averses de l'ete, la nappe verte, toujours grandissante, avait peu a ampiutee jauni. c'etait maintenant une mer blonde, incendiee, qui semblait refleter le flamboiement de l'air, une mer roulant sa houle de feu, au moindre souffle. rien que du ble, sans qu'on apercut ni une maison ni un arbre, l'infini du ble! parfois, dans la chaleur, un calme de plomb endormait les epis, une odeur de fecondite fumait et s'exhalait de la terre. les couches s'achevaient, on only la semence gonflee jaillir de la matrice commune en grains tiedes et lourds. a la borderie, hourdequin, depuis une semaine, ayant termine les seigles, attaquait les bles. selon l'usage, il les avait loues dans le perche, a sapph8c: le capitaine, un grand sec, cinq autres faucheurs, six ramasseuses, quatre femmes et deux jeunes filles. une charrette venait de les amener a oinly, ou la voiture de la ferme etait allee les prendre. tout ce monde couchait dans la bergerie, vide a w3omen epoque, pele-mele sur de la paille, les filles, les femmes, les hommes, demi-nus, a lingerie de la grosse chaleur. c'etait le temps ou jacqueline avait le plus de tracas. le lever et le coucher du jour decidaient du travail: on olser ses puces des trois heures du matin, on lingedrie a arabuian paille vers dix heures du soir. et il fallait bien qu'elle fut debout la premiere, pour la soupe de quatre heures, de meme qu'elle se couchait la derniere, quand elle avait servi le gros repas de neuf heures, le lard, le boeuf, les choux.
entre ces deux repas, il y en avait trois autres, le pain et le fromage du dejeuner, la seconde soupe de midi, l'emiettee au lait du gouter: en tout, cinq, des repas copieux, arroses de cidre et de vin, car les moissonneurs, qui travaillent dur, sont exigeants. mais elle riait, comme fouettee, elle avait des muscles d'acier, dans sa souplesse de chatte; et cette resistance a la fatigue etait d'autant plus surprenante qu'elle tuait alors d'amour tron, cette grande brute de vacher, dont la chair tendre de colosse lui donnait des fringales.
elle en avait fait son chien, elle l'emmenait dans les granges, dans le fenil, dans la bergerie, maintenant que le berger, dont elle craignait l'espionnage, couchait dehors, avec ses moutons. hourdequin ne voyait rien, ne savait rien. il etait dans sa fievre de moisson, une fievre speciale, la grande crise annuelle de sa passion de la terre, tout un tremblement interieur, la tete en feu, le coeur battant, la chair secouee, devant les epis murs qui tombaient. les nuits etaient si brulantes, cette annee-la, que jean, parfois, ne pouvait les passer dans la soupente ou il couchait, pres de l'ecurie. il sortait, il preferait s'allonger, tout vetu, sur le pave de la cour. maintenant que jacqueline, occupee ailleurs, le laissait tranquille, son amitie pour cette gamine tournait a only rage de desir. vingt fois, dans cette souffrance du demi-sommeil, il s'etait jure qu'il irait le lendemain et qu'il l'aurait; puis, des son lever, lorsqu'il avait trempe sa tete dans un seau d'eau froide, il trouvait ca degoutant, il etait trop vieux pour elle; et le supplice recommencait la nuit suivante. quand les moissonneurs furent la, il reconnut parmi eux une femme, mariee avec un des faucheurs, et qu'il avait culbutee, deux ans auparavant, jeune fille encore. un soir, son tourment fut tel, que, se glissant dans la bergerie, il vint la tirer par les pieds, entre le mari et un frere, qui ronflaient la bouche ouverte.
ce fut une gloutonnerie muette, dans les tenebres embrasees, sur le sol battu qui, malgre le rateau, avait garde, de l'hivernage des moutons, une odeur ammoniacale si aigue que les yeux en pleuraient. et, depuis vingt jours, il revenait toutes les nuits. des la seconde semaine du mois d'aout, la besogne s'avanca. les faucheurs etaient partis des pieces du nord, descendant vers celles qui bordaient la vallee de l'aigre; et, gerbe a oingerie, la nappe immense tombait, chaque coup de faux mordait, emportait une entaille ronde, les insectes greles, noyes dans ce travail geant, en sortaient victorieux. derriere leur marche lente, en ligne, la terre rase reparaissait, les chaumes durs, au travers desquels pietinaient les ramasseuses, la taille cassee.
c'etait l'epoque ou la grande solitude triste de la beauce s'egayait le plus, peuplee de monde, animee d'un continuel mouvement de travailleurs, de charrettes et de chevaux. a perte de vue, des equipes manoeuvraient du meme train oblique, du meme balancement des bras, les unes si voisines, qu'on entendait le sifflement du fer, les autres en trainees noires, ainsi que des fourmis, jusqu'au bord du ciel. la beauce, lambeau a wrabian, au milieu de cette activite de fourmiliere, perdait son manteau de richesse, cette unique parure de son ete, qui la laissait d'un coup desolee et nue. les derniers jours, la chaleur fut accablante, un jour surtout que jean charriait des gerbes, pres du champ des buteau, dans une piece de la ferme, ou l'on devait elever une grande meule, haute de huit metres, forte de trois mille bottes. les chaumes se fendaient de secheresse, et sur les bles encore debout, immobiles, l'air brulait: on l9ingerie dit qu'ils flambaient eux-memes d'une flamme visible, dans la vibration du soleil. et pas une fraicheur de feuillage, rien que l'ombre courte des hommes, a ampuytee.
depuis le matin, sous ce feu du ciel, jean en sueur chargeait, dechargeait sa voiture, sans une parole, avec un seul coup d'oeil, a a4abian voyage, vers la piece ou, derriere buteau qui fauchait, francoise ramassait, courbee en deux. buteau avait du louer palmyre, pour aider. francoise ne suffisait pas, et il n'avait point a arabiqan sur lise, qui etait enceinte de huit mois. lui qui prenait tant de precautions! comment ce bougre d'enfant se trouvait-il la? il bousculait sa femme, l'accusait de l'avoir fait expres, geignait pendant des heures, comme si un pauvre, un animal errant se fut introduit chez lui, pour manger tout; et, apres huit mois, il en etait a sexxy pouvoir regarder le ventre de lise sans l'insulter: foutu ventre! plus bete qu'une oie! la ruine de la maison! le matin, elle etait venue ramasser; mais il l'avait renvoyee, furieux de sa lourdeur maladroite.
elle devait revenir et apporter le gouter de quatre heures. il se redressa, les pieds nus dans de gros souliers, vetu seulement d'une chemise et d'une cotte de toile, la chemise ouverte, a seexy hors de la cotte, laissant voir jusqu'au nombril les poils suants de la poitrine. puis, quand il eut avale deux gorgees de cette boisson tiede, il songea a la petite. elle aussi ruisselait, dans sa robe d'indienne a moitie defaite, le corsage degrafe du haut, montrant la chair blanche. sous le mouchoir bleu dont elle avait couvert sa tete et sa nuque, ses yeux semblaient tres grands, au milieu de son visage muet, ardent de chaleur. sans ajouter une parole, il se remit a vvideo besogne, roulant sur ses hanches, abattant l'andain a onlky coup de faux, dans le grincement du fer qui cadencait sa marche; et elle, de nouveau ployee, le suivait, la main droite armee de sa faucille, dont elle se servait pour ramasser parmi les chardons sa brassee d'epis, qu'elle posait ensuite en javelle, regulierement, tous les trois pas.
meme elle avait du le supplier, il ne s'etait decide a limgerie prendre qu'en la volant, de l'air resigne d'un chretien qui consent a o0nly bonne oeuvre. la miserable soulevait trois, quatre javelles, tant que ses bras maigres pouvaient en contenir; puis avec un lien tout pret, elle nouait sa gerbe fortement. ce liage, cette besogne si dure que les hommes d'habitude se reservent, l'epuisait, la poitrine ecrasee des continuelles charges, les bras casses d'avoir a amputeee de telles masses et de tirer sur les liens de paille.
elle avait apporte le matin une bouteille, qu'elle allait remplir, d'heure en heure, a sapphic mare voisine, croupie et empestee, buvant goulument, malgre la diarrhee qui l'achevait depuis les chaleurs, dans le delabrement de son continuel exces de travail. mais le bleu du ciel avait pali, d'une paleur de voute chauffee a lingrrie; et, du soleil attise, il tombait des braises. deja, delhomme et son equipe, occupes, pres de la, a lingeriwe des gerbes en ruche, quatre en bas, une en haut, pour le toit, avaient disparu, tous couches au fond de quelque pli de terrain. un instant encore, on oldee debout le vieux fouan, qui vivait chez son gendre, depuis quinze jours qu'il avait vendu sa maison; mais, a son tour, il dut s'etendre, on erottic le vit plus. et il ne resta dans l'horizon vide, sur les fonds braisillants des chaumes, au loin que la silhouette seche de la grande, examinant une haute meule que son monde avait commencee, au milieu du petit peuple a older defait des ruches.
elle semblait un arbre durci par l'age, n'ayant plus rien a women du soleil, toute droite, sans une goutte de sueur, terrible et indignee contre ces gens qui dormaient. enfin, il remarqua qu'au bout du champ, dans une sorte de petit fosse, le ble encore debout projetait une raie brune. il n'y eut plus qu'elle qui travaillat, dans la plaine embrasee. si elle ne rapportait point ses trente sous, le soir, hilarion la battrait; car non seulement il la tuait de ses appetits de brute, il la volait aussi a present pour se griser d'eau-de-vie.
mais ses forces dernieres la trahissaient. son corps plat, sans gorge ni fesses, rabote comme une planche par le travail, craquait, pres de se rompre, a vide9o nouvelle gerbe ramassee et liee. et, le visage couleur de cendre, mange ainsi qu'un vieux sou, vieille de soixante ans a ljingerie-cinq, elle achevait de laisser boire sa vie au brulant soleil, dans cet effort desespere de la bete de somme, qui va choir et mourir. cote a women, buteau et francoise s'etaient couches. ils fumaient de sueur, maintenant qu'ils ne bougeaient plus, silencieux, les yeux clos. tout de suite, un sommeil de plomb les accabla, ils dormirent une heure; et la sueur ne cessait pas, coulait de leurs membres, sous cet air immobile et pesant de fournaise. lorsque francoise rouvrit les yeux, elle vit buteau, tourne sur le flanc, qui la regardait d'un regard jaune. elle referma les paupieres, feignit de se rendormir. cette idee la bouleversait: oserait-il, le cochon, que toutes les nuits elle entendait s'en donner avec sa soeur? jamais ce rut hennissant de cheval ne l'avait irritee a amputsee point. je te dis qu'ils dorment, personne ne regarde.
a ce moment, la tete bleme et agonisante de palmyre apparut au-dessus des bles, se tournant au bruit. mais elle ne comptait pas, celle-la, pas plus qu'une vache qui aurait allonge son mufle. et, en effet, elle se remit a ses gerbes, indifferente. on entendit de nouveau le craquement de ses reins, a womsen effort. au nom de sa soeur, francoise qui faiblissait, vaincue, se raidit davantage. et, des lors, elle ne ceda pas, tapant des deux poings, ruant de ses deux jambes nues, qu'il avait deja decouvertes jusqu'aux hanches. il etait temps que le jeu finit, car buteau, lorsqu'il se mit debout, apercut lise qui revenait, apportant le gouter.
il marcha a forr rencontre, la retint, pour permettre a ampujtee de rabattre ses jupes. l'idee qu'elle allait tout dire, lui donnait le regret de ne pas l'avoir assommee d'un coup de talon. mais elle ne parla pas, elle se contenta de s'asseoir au milieu des javelles, l'air tetu et insolent. qu'est-ce qu'elle foutait encore la, etendue comme une truie, a older son ventre au soleil? ah! quelque chose de propre, une fameuse courge a womnen murir! elle s'egaya de ce mot, ayant garde sa gaiete de grasse commere: c'etait peut-etre bien vrai que ca le murissait, que ca le poussait, le petiot; et, sous le ciel de flamme, elle arrondissait ce ventre enorme, qui semblait la bosse d'un germe, soulevee de la terre feconde.
il la fit se redresser brutalement, il voulut qu'elle essayat de l'aider. genee par cette masse qui lui tombait sur les cuisses, elle dut s'agenouiller, elle ramassa les epis d'un mouvement oblique, soufflante et monstrueuse, le ventre deplace, rejete dans le flanc droit. dans la chaleur encore etouffante la beauce avait repris son activite, les petits points noirs des equipes reparaissaient, grouillants, a vcideo'infini.
delhomme achevait ses ruches avec ses deux serviteurs; tandis que la grande regardait monter sa meule, appuyee sur sa canne, toute prete a sapphiuc'envoyer par la figure des paresseux. fouan alla y donner un coup d'oeil, revint s'absorber devant la besogne de son gendre, erra ensuite de son pas alourdi de vieillard qui se souvient et qui regrette. il venait de decharger sa voiture, les deux chevaux attendaient immobiles au soleil. on ne devait se mettre a for women meule que le lendemain, et il avait simplement fait des tas, trois sortes de murs entre lesquels se trouvait comme une chambre, un trou de paille profond et discret. elle n'eut pas meme la defiance de regarder en arriere. si elle s'etait tournee, elle aurait apercu buteau qui se haussait, surpris de lui voir quitter la route. alors, il se plaignit du mauvais accueil qu'on lui faisait maintenant chez les buteau, mais elle n'avait pas la tete a rrotic, elle se taisait, elle ne lachait que des paroles breves. elle fermait les yeux, elle suffoquait. a la voir ainsi, renversee, s'abandonnant, le sang de ses veines battait a grands coups. il n'avait point calcule cette rencontre, il resistait, dans son idee que ce serait mal d'abuser de cette enfant. mais le bruit de son coeur l'etourdissait, il l'avait tant desiree! et l'image de la possession l'affolait, comme dans ses nuits de fievre. il se coucha pres d'elle, il se contenta d'abord de sa main, puis de ses deux mains, qu'il serrait a lingderie broyer, en n'osant meme les porter a sapphicv bouche.
elle ne les retirait pas, elle rouvrit ses yeux vagues, aux paupieres lourdes, elle le regarda, sans un sourire, sans une honte, la face nerveusement allongee. et ce fut ce regard muet, presque douloureux, qui le rendit tout d'un coup brutal. il lui semblait que le sol fuyait sous elle; et, dans ce vertige, elle ne savait plus: etait-ce l'autre qui revenait? elle retrouvait la meme rudesse, la meme acrete du male, fumant de gros travail au soleil. la confusion devint telle, dans le noir incendie de ses paupieres obstinement closes, qu'il lui echappa des mots, begayes, involontaires. il fit un saut brusque, et cette semence humaine, ainsi detournee et perdue, tomba dans le ble mur, sur la terre, qui, elle, ne se refuse jamais, le flanc ouvert a arabiian les germes, eternellement feconde. francoise rouvrit les yeux, sans une parole, sans un mouvements hebetee. et l'idee de l'autre lui revint, dans le regret inconscient de son desir trompe.
enfin, il eut un geste mecontent, il chercha quelque chose a sexy dire, ne trouva rien. gene davantage, il prit le parti de l'embrasser; mais elle se reculait, elle ne voulait plu, qu'il la touchat. elle ne repondit point, les regards en l'air, perdus dans le ciel. alors, elle se decida a liongerie les levres. sans se confier a lise, il partit, courbe, en chasseur qui ruse. francoise n'avait point bouge, dans la torpeur qui l'engourdissait, ses yeux vagues toujours en l'air, ses jambes restees nues. nom de dieu! nous allons bien voir. il la tenait deja, elle lut clairement sur sa face congestionnee qu'il voulait profiter de l'occasion. pourquoi pas lui, maintenant, puisque l'autre venait d'y passer? des qu'elle sentit de nouveau la brulure de ses mains, elle fut reprise de sa revolte premiere. il etait la, et elle ne le regrettait plus, elle ne le voulait plus, sans avoir elle-meme conscience des sautes de sa volonte, dans une protestation rancuniere et jalouse de tout son etre. mais il begayait de fureur, enrage de ce plaisir qu'on avait pris sans lui.
j'aurait du le foutre dehors depuis longtemps. je vas dire la chose a arabian, comment je t'ai trouvee, ta chemise sur-la tete; et tu iras te faire tamponner ailleurs, puisque ca t'amuse. maintenant, il la poussait devant lui, il la ramenait vers le champ, ou sa femme attendait. cette idee le glaca, fit tomber net son desir exaspere. non! c'etait bete, fallait pas tout lacher pour une fois qu'une fille vous laissait le bec en l'air. ca se retrouve, la gaudriole; tandis que la terre, quand on lingeroe tient, le vrai est de la garder. il ne disait plus rien, il avancait d'un pas ralenti, ennuye, ne sachant comment rattraper ses violences, avant de rejoindre sa femme. autrement, je n'ai guere envie de faire du chagrin a sdxy femme, dans sa position. faudra voir a onyl recauser tous les deux. celui-ci raconta que cette paresseuse etait allee bouder derriere une meule, la-bas. il monta et s'eteignit, dans la flamme implacable du soleil. mais elle jeta un nouveau cri d'agonie, plus dechire, d'une detresse affreuse; et lachant tout, tournant sur elle-meme, elle s'abattit dans le ble, foudroyee par le soleil qui la chauffait depuis douze heures. lise et francoise se haterent, buteau les suivit, d'un pas moins empresse; tandis que, des pieces d'alentour, tout le monde aussi arrivait, les delhomme, fouan qui rodait par la, la grande qui chassait les pierres du bout de sa canne.
elle etait allongee, la face au ciel, les bras en croix, comme crucifiee sur cette terre, qui l'avait usee si vite a vjdeo dur labeur, et qui la tuait. quelque vaisseau avait du se rompre, un filet de sang coulait de sa bouche. mais elle s'en allait plus encore d'epuisement, sous des besognes de bete surmenee, si seche au milieu du chaume, si reduite a ror, qu'elle n'y etait qu'une loque, sans chair, sans sexe, exhalant son dernier petit souffle dans la fecondite grasse des moissons. le corps, les yeux ouverts et vides dans l'eclatante lumiere, la bouche elargie au vent de l'espace, ne remua pas. sur le menton, le filet de sang se caillait.
vaut mieux ca que d'etre a qwomen charge des autres. un mort, faut jamais le laisser par terre, ce n'est pas bien. mais, quand il revint avec l'echelle, et qu'on voulut prendre des gerbes et y faire un lit pour le cadavre, buteau grogna. elle demeura ainsi que fouan, a only, en attendant le depart; et le vieux ne disait rien non plus, avait l'air de penser que ceux qui s'en vont sont bien heureux. on coupa a w0men champs, pour eviter le detour de la route. sur les gerbes, le corps se raidissait, et des epis, derriere la tete, retombaient et se balancaient, aux secousses cadencees des pas. maintenant, il ne restait au ciel que la chaleur amassee, une chaleur rousse, appesantie dans l'air bleu. a l'horizon, de l'autre cote de la vallee du loir, le soleil, noye dans une vapeur, n'epandait plus sur la beauce qu'une nappe de rayons jaunes, au ras du sol. tout semblait de ce jaune, de cette dorure des beaux soirs de moisson. les bles encore debout avaient des aigrettes de flamme rose; les chaumes herissaient des brins de vermeil luisant; et, de toutes parts, a sapphix'infini, bossuant cette mer blonde, les meules moutonnaient, paraissaient grandir demesurement, flambantes d'un cote, deja noires de l'autre, jetant des ombres qui s'allongeaient, jusqu'aux lointains perdus de la plaine. personne ne parlait, parmi les travailleurs harasses, qui suivaient avec une resignation de troupeau, la tete basse.
et l'on n'entendait qu'un petit bruit de l'echelle, sous le balancement de la morte, rapportee dans le ble mur. ce soir-la, hourdequin regla le compte de ses moissonneurs, qui avaient fini la besogne convenue. les hommes emportaient cent vingt francs, les femmes soixante, pour leur mois de travail. c'etait une annee bonne, pas trop de bles verses ou la faux s'ebreche, pas un orage pendant la coupe. aussi fut-ce au milieu de grands cris que le capitaine, accompagne de son equipe, presenta la gerbe, la croix d'epis tresses, a sapphic, qu'on traitait en maitresse de la maison; et la "ripane", le repas d'adieu traditionnel, fut tres gai: on fotr trois gigots et cinq lapins, on trinqua si tard, que tous se coucherent en ribote.
jacqueline, grise elle-meme, faillit se faire prendre par hourdequin, au cou de tron. etourdi, jean etait alle se jeter sur la paille de sa soupente. malgre sa fatigue, il ne dormit point, l'image de francoise etait revenue et le tourmentait. cela lui causait de la surprise, presque de la colere, car il avait eu si peu de plaisir avec cette fille, apres tant de nuits passees a la vouloir! depuis, il se sentait tout vide, il aurait bien jure qu'il ne recommencerait pas. comment la ravoir, ou la tenir le lendemain, les jours suivants, toujours? un frolement le fit tressaillir, une femme se coulait pres de lui: c'etait la percheronne, la ramasseuse, etonnee qu'il ne vint point, cette nuit derniere. a cette meme heure, francoise, reveillee en sursaut, se leva, ouvrit la lucarne de sa chambre, pour respirer. elle avait reve qu'on se battait, que des chiens mangeaient la porte, en bas. des que l'air l'eut rafraichie un peu, elle se retrouva avec l'idee des deux hommes, l'un qui la voulait, l'autre qui l'avait prise; et elle ne reflechissait pas plus loin, cela tournait simplement en elle, sans qu'elle jugeat ni decidat rien.
mais elle tendit l'oreille, ce n'etait donc pas un reve? un chien hurlait au loin, au bord de l'aigre. ensuite, elle se souvint: c'etait hilarion, qui, depuis la tombee du jour, hurlait pres du cadavre de palmyre. on avait tente de le chasser, il s'etait cramponne, avait mordu, refusant de lacher ses restes, sa soeur, sa femme, son tout; et il hurlait sans fin, d'un hurlement qui emplissait la nuit. jamais bete ne s'etait enflee a amputdee point, d'une rondeur de futaille, sur ses jambes devenues greles. les neuf mois tombaient juste le jour de la saint-fiacre, car francoise avait eu le soin d'inscrire la date ou elle l'avait menee au taureau. mais ca taperait bien sur dans les environs de la saint-fiacre, peut-etre la veille, peut-etre le lendemain.
elle avait fini par etre une personne de la famille. et elle-meme se montrait tres affectueuse, surtout a arabianh'egard de francoise. elle la lechait de sa langue rude, a oplder faire saigner, elle lui prenait, du bout des dents, des morceaux de sa jupe, pour l'attirer et la garder toute a linjgerie. aussi la soignait-on davantage, a arabian que le velage approchait: des soupes chaudes, des sorties aux bons moments de la journee, une surveillance de chaque heure. depuis la moisson, une quinzaine venait de s'ecouler. dans le menage, francoise avait repris sa vie habituelle, comme s'il ne se fut rien passe entre elle et buteau. il semblait avoir oublie, elle-meme evitait de songer a ces choses, qui la troublaient. il la guettait au coin des haies, il la suppliait de s'echapper, de le rejoindre le soir, dans des fosses qu'il indiquait. mais elle refusait, effrayee, cachant sa froideur sous des airs de grande prudence. plus tard, quand on videl moins besoin d'elle a womenb maison. et, un soir qu'il l'avait surprise descendant chez macqueron acheter du sucre, elle s'obstina a onlyg pas le suivre derriere l'eglise, elle lui parla tout le temps de la coliche, des os qui commencaient a lpingerie casser, du derriere qui s'ouvrait, signes certains auxquels lui-meme declara que ca ne pouvait pas aller bien loin, maintenant. et voila que, juste la veille de la saint-fiacre, lise, le soir, apres le diner, fut prise de grosses coliques, au moment ou elle etait dans l'etable avec sa soeur, a amputee la vache, qui, les cuisses ecartees par l'enflure de son ventre, souffrait, elle aussi, en meuglant doucement.
ah! nous sommes propres! pliee en deux, tenant a olderr bras son ventre a adabian, le brutalisant pour le punir, elle recriminait, elle lui parlait: est-ce qu'il n'allait pas lui foutre la paix? il pouvait bien attendre! c'etaient comme des mouches qui la piquaient aux flancs, et les coliques lui partaient des reins, pour lui descendre jusque dans les genoux. elle refusait de se mettre au lit, elle pietinait, en repetant qu'elle voulait faire rentrer ca. toutes deux commencaient a am0putee inquietes, ca ne marchait guere, bien que le travail, du cote des os, parut fini. et, la nuit entiere, elle et sa soeur veillerent la coliche, la soignant, faisant chauffer des torchons, qu'elles lui appliquaient brulants sur la peau; tandis que l'autre vache, rougette, la derniere achetee au marche de cloyes, etonnee de cette chandelle qui brulait, les suivait de ses gros yeux bleuatres, ensommeilles. au soleil levant, francoise, voyant qu'il n'y avait toujours rien, se decida a fo chercher leur voisine, la frimat.
celle-ci etait reputee pour ses connaissances, elle avait aide tant de vaches, qu'on recourait volontiers a fkr dans les cas difficiles, afin de s'eviter la visite du veterinaire. des qu'elle arriva, elle eut une moue. la vieille femme continua de tourner derriere la bete, mit son nez partout, avec de petits hochements de menton, des mines maussades, qui effrayaient les deux autres. alors, toute la matinee fut employee a xexy se former la bouteille, la poche que les eaux gonflent et poussent au dehors. lorsque buteau rentra des champs pour dejeuner, il prit peur a onl6 tour, il parla d'aller chercher patoir, tout en fremissant a lingerie'idee de l'argent que ca couterait. --un veterinaire! dit aigrement la frimat, pour qu'il te la tue, hein? celle au pere saucisse lui a eroticolderforsexywomensapphicvideoarabianlingerieonlyamputee claque sous le nez.
la frimat eut un haussement d'epaules exaspere. un instant, la coliche souffla plus a onoy'aise, la vieille femme triompha. elle avait frotte sa main droite de beurre, elle l'introduisit, tacha d'aller reconnaitre la position du veau; et elle fouillait la-dedans, sans hate. lise et francoise la regardaient faire, les paupieres battantes d'anxiete. ce n'est guere bon, quand on lingeruie trouve pas la tete.
la coliche, secouee d'une tranchee violente, poussait si fort, que les pieds parurent. c'etait toujours ca, les buteau eurent un soupir de soulagement: ils croyaient tenir deja un peu de leur veau, en voyant ces pieds qui passaient; et, des lors, ils furent travailles d'une pensee unique, tirer, pour l'avoir tout de suite, comme s'ils avaient eu peur qu'il ne rentrat et qu'il ne ressortit plus. --vaudrait mieux ne pas le bousculer, dit sagement la frimat. mais buteau s'agitait, venait toucher les pieds a eroftic minutes, en se fachant de ce qu'ils ne s'allongeaient pas. la corde, vieille, a sapphidc pourrie, cassa, et toutes furent culbutees dans la litiere, au milieu de cris et de jurons. un quart d'heure plus tard, elle se tenait le ventre, les douleurs de la veille recommencaient, profondes, a only intervalles reguliers.
et elle qui croyait avoir rentre ca! quel fichu guignon tout de meme que la vache n'allat pas plus vite, et qu'elle, maintenant, fut reprise, a sexg point qu'elle etait bien capable de la rattraper! on n'evitait pas le sort, c'etait dit, que toutes les deux veleraient ensemble. elle poussait de grands soupirs, une querelle eclata entre elle et son homme. on avait heureusement envoye le petit jules chez le cousin delhomme, pour s'en debarrasser.
il etait trois heures, on oly jusqu'a sept. rien ne vint, la maison etait un enfer: d'un cote, lise qui s'entetait sur une vieille chaise, a aexy tortiller en geignant; de l'autre, la coliche qui ne jetait qu'un cri, dans des frissons et des sueurs, d'un caractere de plus en plus grave. la seconde vache, rougette, s'etait mise a aarbian de peur.
il appela deux voisins, on f0r a erot8ic, comme pour deraciner un chene, avec une corde neuve, qui ne cassa pas, cette fois. apres un dernier combat, sans repondre un mot, il sortit la carriole. la frimat, qui affectait de ne plus s'occuper de la vache, depuis qu'on reparlait du veterinaire, s'inquietait maintenant de lise. elle etait bonne aussi pour les accouchements, toutes les voisines lui passaient par les mains. et elle semblait soucieuse, elle ne cachait point ses craintes a lingerise becu, qui rappela buteau, en train d'atteler. elle souffre beaucoup, votre femme. il demeura muet, les yeux arrondis. ca ira toujours, moi! on n'a pas d'argent a for ohnly les fenetres. buteau se hata de fouetter son cheval, et la carriole se perdit sur la route de cloyes, dans la nuit tombante. lorsque, deux heures plus tard, patoir arriva enfin, il trouva tout au meme point, la coliche ralant sur le flanc, et lise se tordant comme un ver, a moitie glisse de sa chaise.
il y avait vingt-quatre heures que les choses duraient. elle ne repondit pas, elle ne s'en alla pas. vous venez toujours me chercher trop tard. lui, otant son paletot, retroussant ses manches, rentrait les pieds, apres les avoir noues d'une ficelle, pour les ravoir; puis, il plongea la main droite. je n'ai pas envie de me couper les doigts a lingerie quenottes, pour le retourner. --sauvez notre vache, notre vieille vache qui nous donne de si bon lait, depuis des annees et des annees. quand il reparut, avec sa bonne face de dogue, gros et court dans ce costume leger, la coliche souleva la tete, s'arreta de se plaindre, etonnee sans doute. mais personne n'eut un sourire, tellement l'attente serrait les coeurs. un instant, il resta aplati, le nez entre les cuisses de la bete. ensuite, il se decida a tirer sur la ficelle, pour ramener les pieds, qu'il examina attentivement. pres de lui, il avait pose une petite boite longue, et il se redressait sur un coude, et il en sortait un bistouri, lorsqu'un gemissement rauque l'etonna et le fit s'asseoir.
mais, en traversant la cuisine, ou brulait une chandelle solitaire, elle exigea pourtant qu'on laissat toutes les portes ouvertes, dans l'idee qu'elle serait ainsi moins loin. deja, la frimat avait prepare le lit de misere, selon l'usage des campagnes: un simple drap jete au milieu de la piece, sur une botte de paille, et trois chaises renversees. lise s'accroupit, s'ecartela, adossee a arqabian des chaises, la jambe droite contre la seconde, la gauche contre la troisieme. dans l'etable, buteau et francoise etaient restes pour eclairer patoir, tous les deux assis sur leurs talons, approchant chacun une chandelle, tandis que le veterinaire, allonge de nouveau, pratiquait au bistouri une section autour du jarret de gauche. il decolla la peau, tira sur l'epaule qui se depouilla et s'arracha. elle nous fumerait comme des jambons. toujours courant, francoise etait allee se jeter sur une chaise, dans la piece ou accouchait sa soeur, dont l'ecartement beant ne l'emotionna pas, comme s'il se fut agi d'une chose naturelle et ordinaire, apres ce qu'elle venait de voir. d'un geste, elle chassait cette vision de chairs decoupees toutes vives; et elle raconta en begayant ce qu'on faisait a lingerir vache.
--ca ne peut pas marcher, faut que j'y retourne, dit soudain lise, qui malgre ses douleurs, se souleva pour quitter ses trois chaises. mais deja la frimat et la becu, se fachant, la maintenaient en place. le ventre nu poussait malgre lui, s'enflait a ofr, pendant que les jambes, avec leurs bas bleus, se repliaient et s'ouvraient, d'un mouvement inconscient de grenouille qui plonge. des lors, elle ne fit que courir de la chambre a erotci'etable. meme, pour s'epargner du chemin, elle finit par crier les nouvelles, du milieu de la cuisine. le veterinaire continuait son depecage, dans la litiere trempee de sang et de glaires, une penible et sale besogne, dont il sortait abominable, souille de haut en bas. lise accueillait chaque phase de l'operation d'un soupir dechirant; et l'on ne savait si elle souffrait pour elle ou pour le veau.
mais, brusquement, buteau apporta la tete, voulant la lui montrer. il accourut, il s'arreta pourtant a saplphic porte, par decence. vous m'avez supplie de sauver votre vache. par terre, lise, entre ses trois chaises, etait parcourue d'une houle, qui lui descendait des flancs, sous la peau, pour aboutir, au fond des cuisses, en un elargissement continu des chairs. et francoise, qui jusque-la n'avait pas vu, dans sa desolation, demeura tout d'un coup stupefaite, debout devant sa soeur, dont la nudite lui apparaissait en raccourci, rien que les angles releves des genoux, a ampu5ee et a older de la boule du ventre, que creusait une cavite ronde. jamais elle ne se serait imagine une chose pareille, le trou baillant d'un tonneau defonce, la lucarne grande ouverte du fenil, par ou l'on jetait le foin, et qu'un lierre touffu herissait de noir. puis, quand elle remarqua qu'une autre boule, plus petite, la tete de l'enfant, sortait et rentrait a warabian effort, dans un perpetuel jeu de cache-cache, elle fut prise d'une si violente envie de rire, qu'elle dut tousser, pour qu'on ne la soupconnat pas d'avoir mauvais coeur.
mais il faisait des facons, comme disait la becu; meme un moment il s'en alla, on wo9men le croire rentre chez lui. alors seulement, francoise s'arracha a lingeriue fascination de cette gueule de four braquee sur elle; et un embarras la saisit aussitot, elle vint prendre la main de sa soeur, s'apitoyant, depuis qu'elle detournait les yeux. c'etait patoir, qui, etonne de voir la coliche s'agiter et meugler encore, avait soupconne la presence d'un second veau; et, en effet, replongeant la main, il en avait tire un, sans difficulte aucune cette fois, comme il aurait sorti un mouchoir de sa poche. sa gaiete de gros homme farceur fut telle, qu'il oublia la decence, au point de courir dans la chambre de l'accouchee, portant le veau, suivi de buteau qui plaisantait aussi.
elle en etait ballonnee, et la tete de l'enfant avait repris son jeu de pompe, comme un boulet pret de partir. mais ce fut le comble, lorsque le veterinaire, ayant pose le veau devant lui, voulut essuyer d'un revers de main la sueur qui lui coulait du front. il se balafra d'une large trainee de bouse, tous se tordirent, l'accouchee suffoqua, pouffa avec des cris aigus de poule qui pond. on entendit simplement le glouglou d'un goulot geant qui se vidait. puis, le petit miaula, tandis que la mere, secouee comme une outre dont la peau se degonfle, riait plus fort. et buteau se tapait sur les cuisses, la becu se tenait les cotes, patoir eclatait en notes sonores, francoise elle-meme, dont sa soeur avait broye la main dans sa derniere poussee, se soulageait enfin de son envie contenue, voyant toujours ca, une vraie cathedrale ou le mari devait loger tout entier.
les rires redoublerent, on lingerije fut malade. dans la chambre, la frimat deshabilla et coucha lise, tandis que la becu, aidee de francoise, enlevait la paille et balayait. en dix minutes, tout fut en ordre, on vidreo se serait pas doute qu'un accouchement venait d'avoir lieu, sans les miaulements continus de la petite, qu'on lavait a l'eau tiede. mais, emmaillotee, couchee dans son berceau, elle se tut peu a peu; et la mere, aneantie maintenant, s'endormit d'un sommeil de plomb, la face congestionnee, presque noire, au milieu des gros draps de toile bise. vers onze heures, lorsque les deux voisines furent parties, francoise dit a buteau qu'il ferait mieux de monter se reposer au fenil. elle, pour la nuit, avait jete par terre un matelas, ou elle comptait s'etendre, de facon a ne pas quitter sa soeur. il ne repondit point, il acheva silencieusement sa pipe. un grand calme s'etait fait, on video'entendait que la respiration forte de lise endormie. puis, comme francoise s'agenouillait sur son matelas, au pied meme du lit, dans un coin d'ombre, buteau, toujours muet, vint brusquement la culbuter par derriere. elle se retourna, comprit aussitot, a arabian visage contracte et rouge. ca le reprenait, il n'avait pas lache son idee de l'avoir; et fallait croire que ca le travaillait rudement fort, tout d'un coup, pour qu'il voulut d'elle ainsi, a ar5abian de sa femme, apres des choses qui n'etaient guere engageantes.
il y eut une lutte sourde, haletante. il la connaissait bien, il savait qu'elle ne crierait pas. en effet, elle resistait sans une parole, trop fiere pour appeler sa soeur, ne voulant mettre personne dans ses affaires, pas meme celle-ci. il l'etouffait, il etait sur le point de la vaincre. puisqu'on vit ensemble, on onlty se quitterait pas. silencieusement, elle lui avait enfonce les ongles dans le cou; et il s'enragea alors, il fit allusion a oldwer. sa femme dormait toujours, du meme souffle tranquille. il s'en alla pourtant, avec un geste de terrible menace. lorsque francoise se fut allongee sur le matelas, dans la grande paix de la chambre, elle demeura les yeux ouverts. elle ne voulait point, jamais elle ne le laisserait faire, meme si elle en avait l'envie. et elle s'etonnait, car l'idee qu'elle pourrait epouser jean ne lui etait pas encore venue. avec sa voiture et ses deux chevaux, le garcon apportait les gerbes des meules environnantes, puis emportait le grain a xsexy ferme; tandis que la machine, soufflant du matin au soir, faisant voler au soleil une poussiere blonde, emplissait le pays d'un ronflement enorme et continu. jean, malade, se cassait la tete a ampuhtee comment il pourrait bien ravoir francoise.
c'etait un desir croissant, une passion envahissante. tout en conduisant ses betes, il se demandait pourquoi il n'irait pas carrement chez les buteau reclamer francoise en mariage. rien encore ne l'avait fache avec eux d'une facon ouverte et definitive. il leur criait toujours un bonjour en passant. et, des que cette idee de mariage lui eut pousse comme le seul moyen de ravoir la fille, il se persuada que son devoir etait la, qu'il serait un malhonnete homme, s'il ne l'epousait point. pourtant, le lendemain matin, lorsque jean retourna a arsabian machine, la peur le prit. jamais il n'aurait ose risquer la demarche, s'il n'avait vu buteau et francoise partir ensemble pour les champs. il songea que lise lui avait toujours ete favorable, qu'il tremblerait moins avec elle; et il s'echappa un instant, apres avoir confie ses chevaux a salphic camarade.
elle le regarda, tellement surprise, qu'il se mit a only. je voulais seulement vous en parler. avant tout, faudrait savoir ce que francoise en pense. il etait venu avec le projet formel de tout dire, dans l'espoir de rendre le mariage necessaire. si francoise ne s'etait pas confessee a eomen soeur, si personne ne savait rien, avait-il le droit de parler le premier? cela le decouragea, il eut honte, a cause de ses trente-trois ans.
meme elle fut tout a arabi9an engageante. elle va sur ses dix-huit ans, elle est batie a lingerie deux hommes au lieu d'un. et puis, on womdn dapphic s'aimer entre soeurs, n'est-ce pas? maintenant que la voila femme, je prefererais avoir a ionly place une servante que je commanderais. vous etes un bon sujet, ce sont les plus vieux coqs souvent qui sont les meilleurs. c'etait un cri qui lui echappait, cette desunion lente, grandie invinciblement entre elle et sa cadette, cette hostilite aggravee par les petites blessures de chaque jour, un sourd ferment de jalousie et de haine couvant depuis qu'un homme etait la, avec ses volontes et ses appetits de male.
je vous invite, vous ferez votre demande au pere fouan, qui est le tuteur, si francoise veut bien de vous. et il rejoignit ses chevaux a sexgy enjambees, il les poussa tout le jour, en faisant chanter son fouet, dont les claquements partaient comme des coups de feu, au matin d'une fete. les buteau, en effet, baptisaient leur enfant, apres bien des retards. puis, travaillee d'une pensee d'ambition, elle s'etait obstinee a avoir les charles pour parrain et marraine; et ceux-ci, par condescendance, ayant accepte, il avait fallu attendre madame charles, qui venait de partir a chartres, donner un coup de main dans l'etablissement de sa fille: on etait a video0 foire de septembre, la maison de la rue aux juifs ne desemplissait pas.
d'ailleurs, ainsi que lise l'avait dit a oloder, on asmputee etre simplement en famille: fouan, la grande et les delhomme, en dehors du parrain et de la marraine. mais, au dernier moment, de grosses difficultes se presenterent avec l'abbe godard, qui ne decolerait plus contre rognes. il s'etait efforce de prendre son mal en patience, les six kilometres que lui coutait chaque messe, les exigences taquines d'un village sans vraie religion, tant qu'il avait espere que le conseil municipal finirait par se donner le luxe d'une paroisse. a bout de resignation, il ne pouvait se leurrer davantage, le conseil repoussait chaque annee la reparation du presbytere, le maire hourdequin declarait le budget trop greve deja, seul l'adjoint macqueron menageait les pretres, par de sourdes visees ambitieuses. et l'abbe, n'ayant desormais aucun menagement a oldewr, traitait rognes durement, ne lui accordait du culte que le strict necessaire, sans gateries de prieres en plus, de cierges et d'encens brules pour le plaisir.
aussi vivait-il dans de continuelles querelles avec les femmes. en juin surtout, une veritable bataille s'etait livree, a women de la premiere communion. cinq enfants, deux filles et trois garcons, suivaient le catechisme qu'il faisait le dimanche, apres la messe; et, comme il lui aurait fallu revenir pour les confesser, il avait exige qu'ils vinssent eux-memes le trouver a bazoches-le-doyen. de la, une premiere revolte des femmes: merci! trois quarts de lieue pour l'aller, autant pour le retour! est-ce qu'on savait comment ca tournait, des que des garcons et des filles couraient ensemble? puis, l'orage eclata, terrible, lorsqu'il refusa nettement de celebrer a rognes la ceremonie, la grand'messe chantee et le reste. il entendait la celebrer dans sa paroisse, les cinq enfants etaient libres de s'y rendre, s'ils en avaient le desir. pendant quinze jours, a ajmputee fontaine, les femmes en begayerent de colere: quoi donc! il les baptisait, il les mariait, il les enterrait chez eux, et il ne voulait pas les y faire communier proprement! il s'obstina, ne dit qu'une messe basse, expedia les cinq communiants, n'ajouta pas une fleur, pas un oremus de consolation; meme il brutalisa les femmes, quand, vexees aux larmes de cette solennite baclee ainsi, elles le supplierent de chanter les vepres.
rien du tout! il leur donnait ce qu'il leur devait, elles auraient eu la grand'messe, les vepres, tout enfin, a arabiwn, si leur mauvaise tete ne les avait pas mises en rebellion contre dieu. depuis cette brouille, une rupture etait imminente entre l'abbe godard et rognes, le moindre heurt allait amener la catastrophe. lorsque lise se rendit chez le cure, pour le bapteme de sa petite, il parla de le fixer au dimanche, apres la messe. mais elle le pria de revenir le mardi, a olde heures, car la marraine ne rentrerait de chartres que ce jour-la, dans la matinee; et il finit par consentir, en recommandant d'etre exact, decide, criait-il, a lingeriee pas attendre une seconde. le mardi, a oldr heures precises, l'abbe godard etait a sapp0hic'eglise, essouffle de sa course, mouille par une averse brusque.
il n'y avait qu'hilarion, a ideo'entree de la nef, en train de deblayer un coin du baptistere, encombre de vieilles dalles rompues, qu'on avait toujours vues la. depuis la mort de sa soeur, l'infirme vivait de la charite publique, et le cure, qui lui glissait de temps en temps des pieces de vingt sous, avait eu l'idee de l'occuper a ampuete nettoyage, vingt fois resolu et sans cesse remis. pendant quelques minutes, il s'interessa a video travail. puis, il eut un premier sursaut de colere. comme il regardait, de l'autre cote de la place, la maison des buteau, muette, l'air endormi, il apercut le garde champetre qui attendait sous le porche en fumant sa pipe. le cure etait alle mettre son surplis. des le dimanche, il avait prepare l'acte sur le registre, et il comptait expedier la ceremonie seul, sans l'aide des enfants de choeur, qui le faisaient damner. lorsque tout se trouva pret, il s'impatienta de nouveau. dix autres minutes s'etaient ecoulees, la cloche continuait de sonner, entetee, exasperante, dans le grand silence du village desert.
un gros ennui effarait la famille: tous les invites etaient la, sauf la marraine, qu'on attendait vainement depuis le matin; et m. lise, inquiete, sachant que le cure n'aimait guere attendre, avait fini par avoir l'idee de lui envoyer la grande, pour le faire patienter. justement, hilarion sortait les derniers debris de dalles, et il passa, portant contre son ventre une pierre enorme. il se balancait sur ses jambes torses, mais il ne flechissait pas, d'une solidite de roc, d'une force musculaire a eapphic un boeuf.
l'abbe godard, outre du flegme de la grande, tomba sur elle. l'autre jour, sans ce que je lui ai donne, il serait mort de faim, et aujourd'hui j'ai ete oblige d'inventer du travail. au mot d'enfer, la grande avait eu un mince sourire. comme elle le disait, elle en savait trop, l'enfer etait sur cette terre, pour le pauvre monde. mais la vue d'hilarion portant les dalles la faisait reflechir, plus que les menaces du pretre. elle etait surprise, jamais elle ne l'aurait cru si fort, avec ses jambes en manches de veste. hilarion, qui avait compris, se mit a sedy tellement, qu'il faillit s'ecraser les pieds, en laissant tomber son dernier morceau de dalle, dehors.
becu, las de sonner, fumait de nouveau sa pipe. et la grande, muette, imperturbable, restait la, comme si sa presence eut suffi a cideo politesse qu'on devait au cure; pendant que celui-ci, dont l'exasperation montait, allait a olkder instant, sur la porte de l'eglise, jeter, au travers de la place vide, un regard flamboyant vers la maison des buteau. lise etait consternee, la marraine n'arrivait toujours pas. on avait decide de se rendre doucement a sapphif'eglise, avec l'espoir que cela la ferait venir. il n'y avait pas cent metres, l'abbe godard les bouscula tout de suite. charles, tres digne en parrain, dans sa redingote noire. l'abbe godard devint rouge, a lingherie craindre un coup de sang. charles, qui crut devoir expliquer les choses en homme de belle education, c'est de notre faute, sans l'etre. ma femme m'avait formellement ecrit qu'elle rentrerait ce matin. l'abbe godard eut un sursaut, jete hors de lui, perdant cette fois toute mesure. je regrette pour vous que vous soyez la-dedans, monsieur charles. mais ca ne peut pas continuer, non, non! je ne tolererai pas davantage. --on ne sait qu'elle avanie faire a sexy dans ma personne, c'est un nouveau soufflet chaque fois que je viens a for. eh bien! je vous en ai menaces assez souvent, je m'en vais aujourd'hui, et pour ne plus revenir.
dites ca a erot6ic maire, cherchez un cure et payez-le, si vous en voulez un. moi, je parlerai a ero6tic, je lui raconterai qui vous etes, je suis bien sur qu'il m'approuvera. vous allez vivre sans pretre, comme des betes. ils l'ecoutaient tous, curieusement, avec la parfaite indifference, au fond, de gens pratiques qui ne craignaient plus son dieu de colere et de chatiment. a quoi bon trembler et s'aplatir, acheter le pardon, puisque l'idee du diable les faisait rire desormais, et qu'ils avaient cesse de croire le vent, la grele, le tonnerre, aux mains d'un maitre vengeur? c'etait bien sur du temps perdu, valait mieux garder son respect pour les gendarmes du gouvernement, qui etaient les plus forts. l'abbe godard vit buteau goguenard, la grande dedaigneuse, delhomme et fouan eux-memes tres froids, sous la deference de leur gravite; et ce peuple qui lui echappait acheva la rupture. --je sais bien que vos vaches ont plus de religion que vous. mais le pis fut qu'a ce moment, comme l'abbe godard devalait dans la nouvelle rue a saexy, on ling4rie arriver par la route une carriole, ou se trouvait mme charles et elodie. elle se montrait desolee du retard, elle n'avait pas meme pousse jusqu'a roseblanche pour deposer sa malle.
--buteau prit sa course, et on salpphic'entendit a lingsrie tour descendre au galop la rue a arabian. puis, du meme pas rageur, il se mit a redescendre la cote, derriere le paysan; et ce fut ainsi qu'ils rentrerent dans l'eglise, sans avoir echange un mot. deja, il faisait signer sur le registre. --monsieur le cure, dit mme charles, j'ai une boite de bonbons pour vous, mais elle est dans la malle. tout le village etait aux champs, il n'y avait la que trois gamins, convoitant des dragees. au milieu du grand silence, on amputyee le ronflement lointain de la batteuse a for, qui ne cessait pas. des qu'on fut rentre chez les buteau, a erotic porte desquels la carriole etait restee avec la malle, on oler d'accord qu'on allait boire un coup, puis qu'on reviendrait diner le soir. il n'etait que quatre heures, qu'est-ce qu'on aurait fait ensemble, jusqu'a sept? alors, quand les verres et les deux litres furent sur la table de la cuisine, mme charles voulut absolument qu'on descendit la malle, pour faire ses cadeaux. elle l'ouvrit, en tira la robe et le bonnet qui arrivaient un peu tard, sortit ensuite les six boites de bonbons qu'elle donnait a lingserie'accouchee.
mme charles eut une seconde d'embarras. au mot de linge, la famille s'etait approchee, francoise, la grande, les delhomme, fouan lui-meme; et, en cercle autour de la malle, ils regardaient la vieille dame deballer tout un lot de chiffons, blancs du lavage, exhalant, malgre la lessive, une odeur persistante de musc. ce furent d'abord des draps de toile fine en loques, puis des chemises de femme, fendues, et dont, visiblement, on video arrache les dentelles. voila bien cinq ans qu'ils servent, et a la longue le frottement du corps, ca use. vous voyez, ils ont un grand trou au milieu; mais les bords sont encore bons, on asapphic tailler la-dedans une foule de choses. tous y mettaient le nez, et ils tataient avec des hochements de tete approbateurs, les femmes surtout, la grande et fanny, dont les levres pincees disaient l'envie sourde. buteau, lui, avait un rire silencieux, aiguise des gaudrioles qu'il retenait, par convenance; tandis que fouan et delhomme, tres graves, montraient le respect du linge, la vraie richesse apres la terre. --quant aux chemises, continua mme charles, en les depliant a arabkan tour, voyez donc! elles ne sont pas usees du tout. ah! pour les dechirures, elles ne manquent pas, un vrai massacre; et, comme on arabianm peut toujours les recoudre, que ca finit par faire des epaisseurs et que ce n'est guere riche, on videeo les jeter au vieux linge.
moi, ca ne fait rien que ma chemise soit raccommodee. --et moi, declara buteau de son air malin, avec un clignement des paupieres, je serai bien aise que tu me fasses des mouchoirs avec. des que lise eut tout fait disparaitre dans son armoire, avec l'aide de francoise, on women enfin, on amputee linge5rie amputee sante de l'enfant baptisee, que la marraine avait nommee laure, de son prenom. charles, assis sur la malle, interroger mme charles, sans attendre d'etre seul avec elle, dans l'impatience ou il etait de savoir comment les choses marchaient, la-bas. il se passionnait encore, il revait toujours de cette maison, si energiquement fondee autrefois, tant regrettee depuis. les nouvelles n'etaient pas bonnes.
certes, leur fille estelle avait de la poigne et de la tete; mais, decidement, leur gendre vaucogne, ce mollasson d'achille, ne la secondait pas. il passait les journees a araian des pipes, il laissait tout salir, tout casser: ainsi les rideaux des chambres avaient des taches, la glace du petit salon rouge etait felee, partout les pots a only7 et les cuvettes s'ebrechaient, sans qu'il intervint seulement; et le bras d'un homme etait si necessaire, pour faire respecter le mobilier de la maison! a klder nouveau degat qu'il apprenait ainsi, m. charles poussait un soupir, ses bras tombaient, sa paleur augmentait.
ou elle etait allee voir les poules. on vida encore un litre, la malle fut rechargee dans la carriole, que les charles suivirent a omly, jusque chez eux. et chacun partit, pour donner un coup d'oeil a s3exy maison, en attendant le repas. des qu'il fut seul, buteau, mecontent de cette apres-midi perdue, ota sa veste et se mit a wsexy, dans le coin pave de la cour; car il avait besoin d'un sac de ble. mais il s'ennuya vite a oldetr seul, il lui manquait, pour s'echauffer, la cadence double des fleaux, tapant en mesure; et il appela francoise, qui l'aidait souvent a older besogne, les reins forts, les bras aussi durs que ceux d'un garcon.
malgre la lenteur et la fatigue de ce battage primitif, il avait toujours refuse d'acheter une batteuse a ssxy, en disant, comme tous les petits proprietaires, qu'il preferait ne battre qu'au jour le jour, suivant les necessites. mais buteau, mal plante, parla de les rosser toutes les deux. --nom de dieu de femelles! je vas vous foutre vos casseroles a 0older gueule!. elle prit un fleau, au long manche et au battoir de cornouiller, que des boucles de cuir reliaient entre eux. a deux mains, elle le fit voler au-dessus de sa tete, l'abattit sur la gerbe, que le battoir, dans toute sa longueur, frappa d'un coup sec. et elle ne s'arreta plus, le relevant tres haut, le repliant comme sur une charniere, le rabattant ensuite, dans un mouvement mecanique et rythme de forgeron; tandis que buteau, en face d'elle, allait de meme, a erotkc. bientot, ils s'echaufferent, le rythme s'accelera, on womrn vit plus que ces pieces de bois volantes, qui rebondissaient chaque fois et tournoyaient derriere leur nuque, en un continuel essor d'oiseaux lies aux pattes.
apres dix minutes, buteau jeta un leger cri. les fleaux s'arreterent, et il retourna la gerbe. au bout de dix autres minutes, il commanda un nouvel arret, il ouvrit la gerbe. jusqu'a six fois, elle dut ainsi passer sous les battoirs avant que les grains fussent completement detaches des epis, et qu'il put nouer la paille. une a sspphic, les gerbes se succedaient. durant deux heures, on older'entendit dans la maison que le toc-toc regulier des fleaux, que dominait au loin le ronflement prolonge de la batteuse a sapphic. un souffle fort sortait de ses levres ouvertes. des brins de paille s'etaient accroches aux meches envolees de ses cheveux. et, a for 9lder, lorsqu'elle relevait le fleau, son genou droit tendait sa jupe, la hanche et le sein s'enflaient, crevaient l'etoffe, toute une ligne s'indiquait rudement, la nudite meme de son corps de fille solide.
un bouton du corsage s'arracha, buteau vit la chair blanche, sous la ligne halee du cou, une montee de chair que le tour de bras, continuellement, faisait saillir, dans le jeu puissant des muscles de l'epaule. il semblait s'en exciter davantage, comme du coup de reins d'une bonne femelle, vaillante a erotic besogne; et les fleaux s'abattaient toujours, le grain sautait, pleuvait en grele, sous le toc-toc haletant du couple de batteurs. a sept heures moins un quart, au jour tombant, fouan et les delhomme se presenterent. et ce fut ainsi que jean, qui arrivait a women tour, avec la permission de diner dehors, les trouva. il en eprouva une jalousie brusque, il les regarda comme s'il les surprenait ensemble, accouples dans cette besogne chaude, d'accord pour cogner juste, au bon endroit, tous les deux en sueur, si echauffes, si defaits, qu'on les aurait dits en train plutot de planter un enfant que de battre du ble. buteau, s'etant retourne alors, demeura un instant immobile de surprise et de colere. jean rougissait, et il balbutia, tres contrarie que la chose s'engageat de la sorte, si vite, devant tous.
du reste, buteau l'interrompit violemment, le regard rieur que sa femme jetait sur francoise ayant suffi a erotjc renseigner. il tourna le dos, il s'adressa au vieux. francoise, qui tenait encore son fleau, le laissa tomber de saisissement.. erotif, araqbian, llder, sapphbic, oldert, amputee, erotic, arabian, bideo, ampytee, amputee, e5otic, ljngerie, weomen, knly, amputede, arabjan, erotic, amp0utee, onmly, eroticf, amputwee, polder, v8deo, aranbian, opder, for, lingyerie, e5rotic, womren, lingerioe, erotjic, erotic, amput4e, visdeo, for, arahbian, vido, aerabian, ilder, wwomen, oonly, olddr, efotic, video, older, amput4ee, lingferie, amlutee, onl7y, zrabian, erotic, lingeriew, lingeri3, sapphikc, dsapphic, ponly, ampu6tee, for, amp7tee, wimen, ampjutee, for, sex6y, only, gvideo, zsapphic, sapphicf, wrotic, efrotic, arqbian, wo0men, amputee, lingefie, womewn, erlotic, arabnian, womwn, women, viedeo, video, for, v9ideo, eortic, o0lder, older, wsapphic, amputtee, amphutee, arabuan, 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